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La Joie

2015-09-01_0010La joie est une émotion dont l’expression et l’intensité varient d’un enfant à l’autre. En effet, ce dernier vit ses émotions de façon entière, sans prendre le recul nécessaire pour les modérer ou les dissimuler. Ce qui revient à dire que comme son auto-contrôle, c’est-à-dire sa capacité à se freiner et à réfléchir avant de parler ou de poser un geste, n’est pas encore en place (elle commence à peine à se développer chez les 4- 5 ans), il est normal de le voir les vivre intensément. Il aura donc tendance à rire très fort, à vouloir dire des mots ou faire des gestes pour faire rire les autres, à vous solliciter pour que vous répétiez des situations qui le font rire, à rire longtemps face à une situation qu’il juge comique, etc. Face à l’émotion qu’est la joie, votre rôle, comme intervenant, est de mettre des mots sur les situations qui la font vivre à l’enfant. Pour y arriver, il vous suffit seulement de nommer les contextes qui provoquent la joie chez l’enfant, ce qui l’aidera éventuellement à développer le vocabulaire qui l’accompagne et à reconnaître cette émotion et ses différentes manifestations.

Objectifs d’interventions

  • Que l’enfant apprenne graduellement à reconnaître la joie comme émotion.
  • Que l’enfant apprenne à exprimer ce qui le rend joyeux (verbalement ou non).
  • Que l’enfant apprenne graduellement à mettre des mots sur les événements ou les situations qui lui procurent de la joie.

Les manifestations

Les comportements qui nous permettent de penser qu’un enfant est content sont variés. Comme être content ou être joyeux sont une émotion, leurs manifestations se verront dans les réactions des enfants. En voici quelques-unes :

  • L’enfant sourit.joie d'un enfant
  • L’enfant crie.
  • L’enfant rit.
  • L’enfant nous montre un visage qui semble joyeux (sourit, rit, etc.)
  • L’enfant saute de joie, etc.

Qu’est-ce qui peut procurer de la joie à l’enfant ?

Il y a tellement de réponses possibles à cette question ! En fait, tout ce qui fait le bonheur de ce dernier, qui le rend heureux, est une réponse générale ici. Ainsi, le simple fait de laisser tomber une tour de bloc peut le faire rire, ensuite, lorsqu’il joue avec son jouet préféré peut le remplir de bonheur, un plaisir intense le rend heureux, etc. En règle générale, l’enfant n’a qu’une seule envie, c’est que cela continue. L’enfant crie et rit quand il éprouve la joie alors qu’on l’appelle à table pour manger ou encore quand il se fait chatouiller. Gare si vous arrêtez : vous entendrez alors le fameux Encore qu’il aime tant dire pour ne pas que cela s’arrête … c’est tellement plaisant de rire et important de le faire ! La joie et ses manifestations procurent un bien-être chez celui qui la manifeste et est même, à la limite, une façon exutoire pour faire diminuer les tensions et la fatigue chez l’autre. Étant donné les bienfaits qui l’accompagnent, il est important de laisser les enfants l’exprimer.

Pourquoi l’enfant manifeste-t-il de la joie ?lou_en_lena_-_vraagteken

 

N’oubliez pas que l’expression des émotions est un processus évolutif. Quand l’enfant ne parle pas, ce qu’il a comme moyens pour s’exprimer sont ses gestes ou son non-verbal. C’est donc plus difficile pour l’adulte de le comprendre et de mettre des mots sur ce qu’il tente de nous exprimer par ses comportements. Toutefois, la joie est souvent déclenchée par un élément observable. Ainsi, quand les parents reviennent de leur travail, il est possible d’observer l’enfant et de le voir rire et se diriger vers eux. À ce moment, votre rôle consiste à mettre des mots sur ce que vous observez. Tu es content de voir tes parents, c’est pour ça que tu cries et que tu te diriges vers eux ! Ceci aidera l’enfant à identifier la joie qu’il ressent. Ainsi, en verbalisant les comportements de l’enfant et leur signification, il arrivera à comprendre ce qui le rend joyeux. Pour mettre encore plus d’emphase sur cet apprentissage graduel, je vous inviterai à sourire en même temps de décoder, ce qui lui donnera un modèle. Il associera éventuellement le sourire à des situations qui sont agréables, qui le rendent joyeux et qui lui font du bien.

Que devez-vous retenir ici ?

En fait, comme c’est le cas avec les autres émotions, l’expression de la joie évoluera avec le développement du langage et le développement de l’auto-contrôle de l’enfant. Il est donc normal de voir une expression non verbale de celle-ci chez les tout-petits (1-3 ans) et de voir apparaître graduellement chez les 3-5 ans une plus grande verbalisation de cette dernière et même, une grande intensité et une longueur de son expression, car les enfants sont motivés par le plaisir …Toutes les situations qui le feront rire seront reproduites et malgré vos OK, les amis, vous pouvez arrêtez de rire et continuer de manger votre collation, les fous rires reprendront ! C’est dont votre rôle de leur permettre d’exprimer leur joie et de leur enseigner les contextes où leur intensité varie.

Pour vous guider à mettre des mots sur les manifestations de la joie

Voici quelques situations pour vous pratiquer :

  • L’enfant crie, saute de joie :
  • Acceptez, reconnaissez l’émotion et nommez-là à l’enfant. Tu crie et tu sautes partout parce que tu es content ?
  • Évitez de disqualifier (tu t’énerves pour rien) la joie de l’enfant. C’est par la reconnaissance et l’acceptation de nos émotions et celles des autres qu’on en vient à démontrer de l’empathie et à développer le sentiment de sécurité affective chez les enfants.
  • Écoutez, décodez et servez de modèle. Ça te fait vraiment plaisir de savoir que le Père Noël vient nous visiter aujourd’hui ! Profitez de l’occasion pour décrire son comportement et l’émotion de la joie qui y est reliée. Tu peux le dire que tu es content !

L’enfant content de retrouver son parent en fin de journée :

  • Acceptez, reconnaissez l’émotion et nommez-là à l’enfant. Tu souris parce que tu es content de voir maman et papa arriver ? Je te comprends d’être content de les voir ! Évitez de disqualifier (tu t’énerves pour rien) la joie de l’enfant. C’est par la reconnaissance et l’acceptation de nos émotions et celles des autres qu’on en vient à démontrer de l’empathie et à développer le sentiment de sécurité affective chez les enfants.
  • Écoutez, décodez et servez de modèle. Tu sautes dans les bras de tes parents avec un beau sourire ! Tu es vraiment content de les revoir ! Eux aussi sont contents de te revoir ! Ils te font de belles caresses et te serrent fort dans leur bras.

L’enfant content de voir la première neige : 

  • Acceptez, reconnaissez l’émotion et nommez-là à l’enfant. Observez les réactions des enfants et nommez-les : Tu es content d’aller jouer dans la neige ! Je le vois avec ton grand sourire et tes cris de joie !
  • Évitez de disqualifier (tu t’énerves pour rien) la joie de l’enfant. C’est par la reconnaissance et l’acceptation de nos émotions et celles des autres qu’on en vient à démontrer de l’empathie et à développer le sentiment de sécurité affective chez les enfants.
  • Écoutez, décodez et servez de modèle. Moi aussi je suis contente de voir la neige ! Allons dehors et nous pourrons courir et crier partout !

L’enfant content de rendre service :

  • Acceptez, reconnaissez l’émotion et nommez-là à l’enfant. Comme je suis contente que tu m’aides ! Regarde mon sourire … viens que je te fasse un beau câlin pour te remercier.
  • Évitez de disqualifier (tu n’as pas besoin de m’aider) la joie de l’enfant. C’est par la reconnaissance et l’acceptation de nos émotions et celles des autres qu’on en vient à démontrer de l’empathie et à développer le sentiment de sécurité affective chez les enfants.
  • Écoutez, décodez et servez de modèle. En manifestant nous-mêmes les émotions et en mettant des mots sur ce qu’elles signifient, nous aidons l’enfant à les différencier et éventuellement à les nommer et à les reconnaître.

L’enfant qui nous fait part de ce qui le rend heureux :

  • Acceptez, reconnaissez l’émotion et nommez-là à l’enfant. Qu’est ce qui te rendrait heureux ? ou encore je vous invite à nommer des activités que l’enfant aime tout en lui disant quelque chose comme Est-ce que ça te rendrait heureux si nous allons prendre la collation au parc ?
  • Évitez de disqualifier (tu t’énerves pour rien) la joie de l’enfant. C’est par la reconnaissance et l’acceptation de nos émotions et celles des autres qu’on en vient à démontrer de l’empathie et à développer le sentiment de sécurité affective chez les enfants.
  • Écoutez, décodez et servez de modèle. En manifestant nous-mêmes les émotions et en mettant des mots sur ce qu’elles signifient, nous aidons l’enfant à les différencier et éventuellement à les nommer et à les reconnaître. Pour y arriver, vous pouvez nommer des situations qui le rendent heureux tout en mettant des mots sur ce que vous observez. Je vois que mon idée du parc te fait vraiment plaisir.

maman et enfant heureux

Pour aller plus loin … Éventuellement, lorsque l’enfant est en mesure de verbaliser et de reconnaître les situations qui lui font plaisir, il est possible à ce moment d’associer un sentiment qui s’apparente à la joie, c’est-à- dire la fierté. En effet, ce sentiment se rapproche de l’émotion qu’est la joie, car ses manifestations sont pratiquement les mêmes (l’enfant sourit, semble heureux). Les interventions sont les mêmes que celles présentées dans les pages qui précèdent. En fait, ce qui est différent, c’est l’âge de sa compréhension (vers 3 ou 4 ans) et le vocabulaire à préciser. Je vois que tu es fière d’avoir aidé ton ami à attacher son manteau. Ou Je vois que tu es fier d’avoir réussi à aller sur le tricycle tout seul!

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